Atelier: ‘L’évolution des musées’

L’atelier ‘L’évolution des musées’ se tiendra le 13 et 14 July à Londres.

L’inscription pour le deuxième jour de l’atelier, le vendredi 14 juillet, est ouvert ici: https://universalhistories.eventbrite.co.uk.

Pour tous les questions: universalhistoriesmuseums@gmail.com

Programme

Jeudi 13 July, Blythe House (équipe de recherche et intervenant dans l’atelier)

9.45 Tanner Room – Inscription et café
10.15 Clothworkers Seminar Room

– Introductions et accueil: Tim Boon (Science Museum) et Sandra Kemp (V&A)

Sandra Kemp présente le projet «Histoires universelles et musées universels» et les thèmes de l’atelier

11.00 Tim Boon présente l’archive du Science Museum / étude de cas sur le 1876

– Tim Boon conduit une session d’objets avec des objets du Science Museum

12.30 Tanner Room – Déjeuner
1.30 Sandra Kemp et Chiara Zuanni (V&A) conduisent une session avec des objets du V&A
2.15 Christopher Marsden (V&A) – Introduction à l’archive du V&A: science et art
3.15 Tanner Room – Thé
3.30 Clothworkers Seminar Room Première table ronde – présidée par Sandra Kemp

Rupert Cole (Science Museum) – Scénographies statiques: l’exposition des machines Nairne de la Royal Institution, de 1802 à aujourd’hui

Jonathan King (University of Cambridge) – Galerie ou serre? Francis Fowke et l’origine du design du musée ethnographique

Alexander Scott (University of Wales Trinity St David) – Expositions universelles, ambitions municipales: l’Exposition Universelle de 1851 et les origines du Liverpool Public Museum

5.00 Tim Boon – conclusion du jour
5.30 Fin

Vendredi 14th July, Dana Centre (ouvert aux participants extérieurs)

9.00 Inscription et café
9.20 Introductions et accueil – Tim Boon and Sandra Kemp
9.30 Sandra Kemp – Les thèmes du premier jour et la presse et l’accueil public des expositions de 1876 et Trocadéro
10.00 Deuxième table ronde – présidée par Andrè Delpuech (Musée de l’Homme)

André Delpuech –  Introduction à l’étude de cas du Trocadéro

Pascal Riviale (Archives Nationales) – Des collections péruviennes à l’ origine du Musée d’ethnographie du Trocadéro, de l’Exposition universelle de 1878 à l’inauguration du musée en 1882

11.15 Café
11.30 Séverine Dessajan (Université Paris Descartes – CNRS) – Enjeux scientifiques et artistiques autour de la foundation du musée d’ethnographie du Trocadéro

Magdalena Ruiz Marmolejo (Université Paris-1 Sorbonne – Ecole du Louvre) – Amazonie au Musée d’Ethnographie du Trocadéro

12.30 Déjeuner
1.30 Session conduite par Chiara Zuanni et Rupert Cole dans le collections ‘Making of the Modern World’ du Science Museum
2.15 Troisième table ronde – présidée par Tim Boon

Déborah Dubald (European University Institute, Florence) – ‘La nature dans son ensemble se déroulera sous vos yeux’: multiples protagonistes, espaces changeants et connaissances naturelles à Lyon, 1800-1870

Roberto Limentani (EHESS/LAS) – La capture du primitif. Muséographie et science dans l’anthropologie de la culture matérielle de Pitt Rivers

3.15 Thé
3.30 Discussion de clôture – présidée par Hervé Ingelbert (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Hervé Ingelbert – Rapporteur, rassembler les discussions des deux jours

Chiara Zuanni – Avant-première de l’exposition en ligne du projet avec des objets des expositions de 1876 et de Trocadéro

– Discussion

5.00 Fin

Résumé

Sandra Kemp

Présentation du projet «Histoires universelles et musées universels» et introduction des thèmes de l’atelier

Le projet Universal Histories and Universal Museums vise à étudier les concepts théoriques et historiographiques des «histoires universelles» par rapport à la mise en forme des récits historiques, des taxonomies et des épistémologies dans les collections de musées, entre 1851 et 1914. Notre méthodologie repose sur une comparaison transnationale de l’histoire du développements des pratiques muséales de collection et d’exposition, et leur réception. Cet atelier regroupe une série de communications relatives à deux de nos études de cas: la Loan Collection of Scientific Apparatus de 1876 au South Kensington Museum (prédécesseur du V&A et du Science Museum) et l’histoire du musée d’ethnologie du Trocadéro, y compris l’exposition internationale “Retrospective” en 1878.

Prof Sandra Kemp, est chercheur principal à le V&A et ICL sur le projet «Histoires universelles et musées universels».

sandra

Detail from the Memorial to Sir Henry Cole, designed by F. W. Moody on the V&A West (Ceramic) Staircase, 1878, to commemorate Cole’s contribution to the founding and development of the South Kensington Museum, showing the science and art logos and a vision of “Albertopolis” with institutions which combined both.

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Tim Boon

Tim Boon est ‘Head of Research and Public History’ au Science Museum. Il est sur le conseil de recherche pour le projet UHUM et il a coorganisé l’atelier, qui s’appuiera sur une série de recherches antérieures du Science Museum concernant l’exposition de 1876: http://journal.sciencemuseum.ac.uk/browse/2014/responding-to-stories/.

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Christopher Marsden

Introduction à l’archive du V&A: science and art

Cette présentation présentera les archives du V&A et les documents qui documentent le fonctionnement du Département des sciences et de l’art et l’évolution du musée South Kensington.

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Paintings on the staircase of the Science Schools (aka Henry Cole Wing).

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Rupert Cole

Scénographies statiques: l’exposition des machines Nairne de la Royal Institution, de 1802 à aujourd’hui

Fondée en 1799 et toujours située dans son bâtiment d’origine, la Royal Institution (RI) est une institution scientifique et culturelle dont les principales préoccupations ont été la recherche scientifique et sa communication au public. Au cours de ses 218 ans d’existence, la RI a été témoin non seulement du développement de son propre patrimoine institutionnel, mais aussi du patrimoine scientifique en général.

Cette communication retrace les différentes expositions de deux des machines Nairne (de la RI), des dispositifs inventés par le fabricant d’instruments Edward Nairne à la fin du XVIIIe siècle qui servaient à générer de l’électricité statique par la friction. J’examinerai une série d’images de ces machines les montrant telles qu’elles ont été exposées. J’évoquerai notamment une célèbre caricature par Gilray d’une conférence donnée par Humphrey Davy au RI en 1802 ; les aquarelles de Harriet Moore des années 1850 représentant le laboratoire de Michael Faraday; ainsi que plusieurs photographies du musée de la RI montrant son évolution au cours du vingtième siècle. Ce faisant, cette communication réfléchira à la façon dont ces différents médias ont capturé des moments temporaires d’exposition, et fournissent ainsi un témoignage permanent du processus par lequel certains des instruments scientifiques de la RI viennent constituer une collection d’objets historiques. En reconstruisant ainsi les contextes culturels dans lesquels ces machines Nairne ont été exposées, je poserai des questions d’une portée plus large sur l’émergence du patrimoine et la création d’une collection muséale.

Rupert Cole. Conservateur adjoint, Collections de sciences, Science Museum

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Michael Faraday in his laboratory, by Harriet Moore.

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Jonathan King

Galerie ou serre? Francis Fowke et l’origine du design du musée ethnographique.

Walter Benjamin est bien connu pour son travail sur les Arcades qu’il étudia comme type de bâtiment. Recouvertes de verre et divisées en compartiments abritant des boutiques, les arcades ont cependant été négligées en tant que source d’inspiration pour l’architecture des expositions et des musées du XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, l’architecture muséale de développe d’abord en prenant comme point de départ l’idée d’une série d’appartements d’un palais ou de galeries interconnectés, tel qu’au Louvre, ou bien l’édifice original du British Museum, Montagu House, construit au XVIIe siècle dans un style français. Une nouvelle tradition apparaît à partir des années 1830, avec le développement du Hunterian Museum et du Museum of Practical Geology, bénéficiant tout deux d’éclairage zénithal, à la façon des arcades. Avec la Grande Exposition de 1851 Joseph Paxton, l’horticulteur,  développe considérablement l’importance du bâtiment éclairé par le haut comme prototype de galerie. Le travail de Paxton est poursuivi dans les années 1860 par Francis Fowke, qui est aussi autodidacte. Dans les années 1860, Fowke est envoyé à Edimbourg, par Playfair et Cole du South Kensington Museum, pour créer l’Industrial Museum. Il conçoit également le bâtiment pour l’Exposition Universelle de Londres en 1862. Ce sont ces deux bâtiments à galeries, dotés d’énormes atriums entourés de balcons avec des vitrines, dont l’architecture a donné naissance aux musées ethnographiques universitaires les plus connus d’Angleterre, le Pitt Rivers Museum, à Oxford, et le Museum of Archaeology and Anthropology de Cambridge. Dostoïevski remarque notoirement à propos du bâtiment pour l’Exposition Universelle de Fowke en 1862 qu’«un sentiment de peur se glisse sur vous … C’est une vision biblique, quelque chose à voir avec Babylone, une prophétie de l’Apocalypse s’accomplie devant vos yeux», une description qui pourrait s’appliquer aux premiers musées ethnographiques comme représentations du chaos du monde – autant que des cultures du monde. Alternativement, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro, de 1882, se référait partiellement à la tradition initiale, avec des salles interconnectées comme les différents appartements d’un palais. Cette intervention contrastera l’architecture émergente des musées des années 1880.

Dr Jonathan King. Senior Fellow, McDonald Institute for Archaeological Research, Von Hugel Fellow, Museum of Archaeology and Anthropology, Cambridge.

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A French view (by Cham) of a Native American contributor to the 1862 London exhibition – in front of Fowke’s building.

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Alexander Scott

Expositions universelles, ambitions municipales: l’Exposition Universelle de 1851 et les origines du Liverpool Public Museum

Cette communication présente une étude de cas de l’impact des expositions universelles sur la création et le développement de collections de musées. Alors que l’influence que la Grande Exposition de 1851 sur la création des musées de South Kensington est bien connue, cette intervention identifie un parallèle moins documenté de cette Exposition avec les collections de musées à Liverpool. Comme l’illustre mon analyse, l’Exposition a traversé et influencé l’histoire initiale du musée public de Liverpool de nombreuses façons. D’une part, le musée de Liverpool a d’abord été institué par le conseil municipal, alors que l’exposition avait lieu à Hyde Park à Londres et, en conséquence, les partisans du musée exprimaient leur espoir de voir ce musée devenir un équivalent du Crystal Palace de Londres à Liverpool. L’Exposition Universelle rend de telles ambitions plus crédibles. Comme d’autres municipalités, Liverpool utilise l’Exposition comme une plate-forme pour promouvoir ses industries locales, et organise à l’intérieur du Crystal Palace l’exposition de milliers d’échantillons de ses imports ainsi que d’une maquette miniature de ses quais. Ces objets attirèrent l’admiration des juges de l’Exposition, à tel point qu’une délégation de fonctionnaires de Londres fit une visite spéciale pour inspecter directement l’activité maritime de Liverpool. Cette approbation une impulsion supplémentaire aux plans du musée de Liverpool, avec des objets qui avaient été exposés au Crystal Palace étant parmi les principales attractions lorsque le musée ouvre ses portes au public en octobre 1852. Au cours des décennies suivantes, le musée de Liverpool tire parti de ce succès initial,  et acquiert une réputation internationale pour sa collection de spécimens d’histoire naturelle, d’archéologie et d’anthropologie provenant du monde entier. Dans ce sens, la communication conclut, le musée réussit à satisfaire la raison d’être des contributions de Liverpool au Crystal Palace, ainsi que les motivations qui sous-tendent l’Exposition Universelle dans son ensemble: un désir de «leçons d’objet» des vertus perçues du libre-échange et de l’impérialisme.

Dr Alexander Scott, University of Galles Trinity St David. Mes intérêts de recherche et d’enseignement portent sur divers aspects de l’histoire culturelle, avec un accent particulier sur les villes. J’ai été conférencier en histoire moderne à l’Université de Galles Trinity St David depuis 2015. Avant cela, j’ai complété un doctorat à l’Université de Lancaster avec une thèse sur l’histoire et le statut contemporain des musées à Liverpool.

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Dickinson Brothers, Dickinson’s Comprehensive Pictures of the Great Exhibition of 1851 from the Originals Painted for HRH Prince Albert ( London: Dickinson Brothers, 1852).

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Sandra Kemp

Les thèmes du premier jour et la presse et l’accueil public des expositions de 1876 et Trocadéro

Le 13 février 1875, les Lords du Committee of Council of Education du Parlement britannique ont proposé le futur «élargissement» du South Kensington Museum «into a Museum somewhat of the nature of the Conservatoire des Arts et Métiers in Paris; and other similar institutions on the continent..» (Catalogue of the Special Loan Collection of Scientific Apparatus, p.xi). Trois ans plus tard, l’examen de l’exposition “Retrospective” au Trocadéro, un commissaire anglais a fait une comparaison défavorable des collections britanniques, de la pédagogie et de l’affichage avec la «method, lucidity and instructiveness which seem natural in the French». Cette présentation fera une comparaison transnationale de l’évolution des South Kensington Museum et du Trocadéro aux yeux d’un certain nombre de protagonistes clés à Londres et à Paris: administrateurs et conservateurs de musées, presse et public. En se référant aux articles des comités internes, aux publications produites pour soutenir les visiteurs tels que les manuels, les catalogues et les conférences, et les revues de presse et de magazines, il étudiera les expositions temporaires comme une «zone of cultural debate …where types, forms and domains of culture are encountering, interrogating and contesting each other in new and unexpected ways»(Appadurai et Breckenridge, 1988: 6).

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L’Exposition Universelle 1878. Lettre illustrée. Paris-Gravé 1878, p.21. The Indian Palace in the Champs de Mars during the 1878 International Exhibition.

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André Delpuech

André Delpuech est directeur du Musée de l’Homme, après avoir été responsable des collections des Amériques au Musée du quai Branly.

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The Palais du Trocadéro in Paris, 1890s (source: US Library of Congress ).

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Pascal Riviale

Des collections péruviennes à l’ origine du Musée d’ethnographie du Trocadéro ? de l’Exposition universelle de 1878 à l’inauguration du musée en 1882 

L’arrivée en France début 1877 des antiquités rapportées par Charles Wiener au retour de sa mission au Pérou et en Bolivie (et présentées à l’Exposition universelle de 1878 à Paris) contribua amplement à la décision de fonder dans la capitale un nouveau musée ethnographique. L’entrée quasi simultanée d’autres collections (Pinart, Cessac, Ber, Vidal-Senèze, Drouillon) confirma la présence remarquable du Pérou précolombien parmi les fonds du musée lors de son inauguration au Palais du Trocadéro en 1882. L’examen de ces entrées permet d’illustrer la diversité des circuits empruntés par ces collections, ainsi que la circulation des objets avant et après leur entrée au musée.

Dr Pascal Riviale. Archives nationales, chercheur associé au centre EREA du LESC (CNRS-Université Paris-Ouest-Nanterre) et à l’Institut français d’études andines (UMIFRE 17).

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Séverine Dessajan

Enjeux scientifiques et artistiques autour de la fondation du musée d’ethnographie du Trocadéro

La lente création du « Musée d’ethnographie des missions scientifiques » dans les années 1870 mérite que l’on s’intéresse aux étapes de sa fondation. Il s’installe dans l’ancien Palais du Trocadéro à l’occasion de l’exposition universelle de 1878 ; et ses portes s’ouvrent au public l’année suivante. Le gouvernement de l’époque lui attribue son premier budget en 1880, ce qui permet l’accès aux premières salles d’ethnographie par un plus grand nombre dès 1882. A chacune de ses étapes jusqu’en 1938, année de l’ouverture du musée de l’Homme à ce même emplacement, ont été associées de nombreuses réflexions disciplinaires. Ainsi les contours de l’ethnographie, de l’ethnologie ou de l’anthropologie commençaient à se dessiner parallèlement à la collecte d’objets venant des colonies, entre autres, et à leur nouvelle mise en exposition dans ce musée. Le projet initial du musée d’ethnographie du Trocadéro est alors de présenter « l’histoire culturelle des peuples » se distinguant du jardin des plantes ayant en charge « l’histoire naturelle de l’homme ». De cette démarche, découlera la constitution de ses collections muséales, provenant des missions de par le monde des gouvernements français de l’époque, forme de vitrine de l’expansion coloniale. Cette manière d’exposer a coïncidé avec un changement de regard sur les arts dits lointains, allant de la répulsion à la fascination jusqu’à proposer une forme de rencontre avec l’altérité. Cette communication présentera donc une réflexion sur le développement d’un projet muséal, étroitement lié aux fondements des sciences humaines croisée à l’évolution sans cesse renouvelée du regard sur les arts non occidentaux.

Dr Séverine Dessajan, Docteure en anthropologie sociale et ethnologie (EHESS, 2000), Ingénieure au CERLIS, Centre de recherche sur les Liens Sociaux, (Université Paris Descartes – CNRS).

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Magdalena Ruiz Marmolejo

La constitution des collections ethnographiques à Paris et en particulier à celles provenant d’Amazonie et qui ont été conservées dans le premier Musée d’Ethnographie du Trocadéro.

Qu’est-ce qui a motivé des “collectionneurs” comme Paul Broca à se doter d’une vingtaine d’objets Munduruku ? Que sont devenus ensuite ces objets? Qui sont les explorateurs partis en mission dans l’Amazonie française et brésilienne principalement, pour récolter des armes, parures et autres objets amérindiens? Quel type de représentation a-t’on alors de l’Autre en considérant cet apport de culture matérielle entrée au musée d’Ethnographie du Trocadéro?

À travers l’exemple de quelques cas emblématiques, nous nous intéresserons donc aux relations triangulaires établies entre le Musée d’Ethnographie, les collectionneurs privés et les explorateurs comme Jules Crevaux, Henri Coudreau ou encore Jean Chaffanjon, missionné par le Ministère de l’Instruction publique.

Puis, à titre de comparaison, nous porterons également un regard sur Karl von den Steinen, élève d’Adolphe Bastian, le père de l’ethnologie allemande et qui ayant découvert le Xingu (au Brésil) collecte un matériel impressionnant. À la suite de sa deuxième expédition, le musée d’ethnologie de Berlin obtient un rôle majeur parmi les musées d’ethnologie et de ce fait coordonne les collectes des autres musées en Allemagne, comme ceux de Hambourg, Leipzig et Munich, les dotant aussi de fonds ethnologiques amazoniens importants.

Magdalena Ruiz Marmolejo. Conservatrice du patrimoine, spécialisée dans les arts des Amériques. Je poursuis en parallèle un doctorat  portant sur les collections ethnologiques amazoniennes dans les musées en Europe, à l’Université de Paris-1 Sorbonne et à l’Ecole du Louvre, sous la direction de Stéphen Rostain (CNRS) et André Delpuech (directeur du musée de l’Homme).

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Déborah Dubald

‘La nature dans son ensemble se déroulera sous vos yeux’: multiples protagonistes, espaces changeants et connaissances naturelles à Lyon, 1800-1870

La Galerie de Zoologie du Musée d’Histoire Naturelle de Lyon a été inaugurée en 1837 par le discours d’ouverture de non moins que le Premier Adjoint au Maire. Cet événement a marqué un virage important dans cette institution alors agée de trente ans, reconnue alors comme municipale. Le Musée de Lyon est issu de processus de négociation entre de nombreux protagonistes qui se sont succédés: le personnel du Musée et du Jardin Botanique, les membres des sociétés savantes locales, les professeurs de sciences et les autorités politiques, notamment municipales. Le Musée offrait alors une exposition de toute la collection du musée, dans le but d’offrir une image exhaustive et éventuellement universelle de la nature. En effet, dans un contexte de «science muséologique» (Pickstone, 2009), les musées ont construit leur autorité scientifique autour des collections, principal matériau et instrument des pratiques scientifique de l’époque. Dans ce cas, les utilisateurs et les visiteurs du mMusée de Lyon étaient les protagonistes essentiels, mais non exclusifs, qui ont contribué à construire le Musée. Un travail commun les ont mené à l’établissement d’une nouvelle collection de zoologie, ou à la participation au débat sur la conservation de la collection d’histoire naturelle au jardin botanique, du musée ou de sa fusion avec les collections de l’Académie. Que les usages du musée aient été politiques, pédagogiques ou pour soutenir la recherche en cours, ce groupe de personnes à géométrie variable était en constante interaction.

Dans cette communication, j’examinerai comment plusieurs types d’acteurs ont influencé l’organisation disciplinaire et notamment spatiale de l’histoire naturelle à l’intérieur du bâtiment du musée, – mais aussi dans la ville même de Lyon. En outre, cette étude portera sur la nature des relations entre les protagonistes du Musée et la façon dont ils ont infléchi la structure du musée et sa consolidation progressive en tant que lieu central et d’autorité des pratiques scientifiques. 

Déborah Dubald. Je suis en troisième année de Doctorat à l’Institut Universitaire Européen de Florence et mes recherches portent sur les musées d’histoire naturelle et les villes françaises dans la première moitié du XIXe siècle. Je suis la cofondatrice et coordinatrice du EUI History of Science Working Group. Avant cela, j’ai été formée en l’Histoire à l’Université de Strasbourg (2000-2006).

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View and plan of the Geology Gallery at the Palais St. Pierre, Lyon.

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Roberto Limentani

La forme primitive des choses. Muséographie et science dans l’anthropologie de la culture matérielle de Pitt Rivers

En 1876 Pitt Rivers, en tant que directeur de l’Anthropological Institute, participe au comité scientifique en charge de la « Loan Collection of Scientific Apparatus ». En 1874, il organise une première exposition au Bethnal Green Museum, un détachement du South Kensington Museum qui fut fondé avec la volonté de créer une institution éducative dans les quartiers populaires de Londres. En 1884, il donne une partie de ses collections à l’université d’Oxford. Le musée ethnographique qui porte son nom nait de cette donation, mais Pitt Rivers ne s’occupe qu’indirectement de ses modes d’exposition. Il ouvre en revanche la même année un musée privé à Farnham, et organise ses collections selon son idée de typologie1. Dans mon intervention, j’éluciderai les implications de son approche typologique, en montrant en quel sens et pour quelles raisons le programme scientifique que l’on peut déduire de ses écrits n’a pas été entièrement décrit. Pour ce faire, je m’appuierai entre autre sur la distinction entre sélection naturelle et sélection par domestication chez Darwin et sur la théorie de l’origine du langage proposé en Angleterre en 1861 par le linguiste allemand Max Müller. En séparant clairement la part que la comparaison et l’analyse des formes jouent dans son programme, j’en mesurerai l’actualité en explicitant sa conception de la culture matérielle à l’aune de l’idée de dispositif. Ensuite, croisant sa prose et les supports visuels qu’il utilise dans les démonstrations, j’expliciterai la corrélation entre sa muséographie, son idée d’éducation des masses et la phylogénèse de Galton. Enfin, je donnerai à voir un trait général des théories anthropologiques que sa pensée rend manifeste. Les théories anthropologiques sont comme les artefacts étudiés par Pitt Rivers : elles déterminent une image du sujet lui allouant une place.

1 http ://www.prm.ox.ac.uk/Kent/musantob/betsken.html

Dr Roberto Limentani. EHESS/LAS (Ecole des hautes études en sciences sociales, Laboratoire d’Anthropologie Sociale).

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Sue Johnson, Domesticated Gourd Plant, 2010. Gouache, watercolour and color pencil on paper, 30 x 22 inches, Pitt Rivers Museum Collection, University of Oxford.

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Hervé Inglebert

Hervé Inglebert est Professeur d’histoire romaine à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, directeur du département d’histoire de l’université de Paris Ouest Nanterre-La Défense. Il est le chercheur principal du project UHUM en France. Il va rapporter sur le themes discussé pendant l’atelier, avec son expertise sur les histoires universelles.

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Chiara Zuanni

Avant-première de l’exposition en ligne du projet avec des objets des expositions de 1876 et de Trocadéro

Cette présentation exposera la structure et les thématiques de l’exposition en ligne qui est en cours d’élaboration dans le cadre du projet «Histoires universelles et musées universels». Centré sur des biographies d’objets liés au développement de collections à Paris et du South Kensington Museum à Londres au cours de la deuxième partie du XIXe siècle et au début du XXe siècle, cette exposition est une partie essentielle de notre processus de recherche ainsi qu’un moyen de dissémination. Nous souhaitons utiliser notre aperçu de l’exposition pour rassembler certains des thèmes fondamentaux de l’atelier et inviter les participants à l’atelier à contribuer au développement du contenu et du modèle de l’exposition.

Dr Chiara Zuanni est une chercheuse à V&A et la postdoctorante sur le projet «Histoires universelles et musées universels».

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